Illustration de Farah Allegue

Illustration de Farah Allegue

 

Ce soir-là, il y avait quelque chose dans l’air.

Elle rentrait enfin du bureau, fatiguée et encore stréssée. La fin d’année fiscale avait eu la peau de tout le monde au bureau. Tous claqués et abrutis, certains s’étaient emportés en se criant après. Elle avait mal à la tête et peinait à garder les yeux ouverts.  Elle savait qu’elle devait prendre sur elle puisque plusieurs tâches ménagères et parentales l’attendaient à la maison. Mais, dès le premier instant où elle traversait la porte de chez elle, elle sentit que ce soir-là, il y avait quelque chose dans l’air.

David, qui  donnait de la purée de carotte à bébé Nathan, leva les yeux vers elle et la salua d’un ton serein qui l’apaisa automatiquement. Nathan, qui avait l’habitude d’en mettre partout lorsqu’il mangeait, était pourtant tout propre. En la voyant, il agita ses petits bras et ses petits pieds en lui souriant exagérément, le menton plein de purée orange. Le coeur d’Isabelle fit un bon. Elle enlevait ses souliers neufs qui lui faisaient mal et respirait enfin. Il régnait un calme presque alarmant dans cette maison habituellement bordélique.

Lorsqu’elle vint embrasser la petite tête chauve de son bébé tout chaud, David la prit par la taille et l’assit sur ses genoux. De sa main, il lui serra doucement la nuque puis le bas de la tête. D’une rapidité inattendue, toute la tension s’atténua. À sa propre surprise, un long soupir, qui ressemblait plutôt à un gémissement, s’échappa d’elle. Alors qu’elle baissait la tête vers l’avant, David lui massait la nuque d’une main, tenant la cuillère du bébé de l’autre. Bébé Nathan, normalement très impatient lorsqu’il a faim, n’en fit aucun cas et attendit gentiment dans sa chaise haute, tentant d’attraper la queue du chat qui se frottait avec insistance sur la jambe d’Isabelle. Ce soir-là, il y avait décidément quelque chose dans l’air.

En se levant, elle s’aperçut de l’odeur qui flottait dans la pièce. David lui avait fait son plat préféré. Il avait aussi planifié un souper en tête à tête, chandelles et bouteille de vin. Le genre de chose pour lequel ils ne trouvaient normalement plus le temps. Cependant, ça faisait une semaine que bébé Nathan faisait ses nuits et David avait décidé qu’il fallait fêter ça.

Isabelle avait fait une maille dans son collant au bureau. Maintenant agenouillée aux côtés de bébé Nathan qui gazouillait dans son bain, sa maille s’agrandissait. En savonnant la peau incroyablement douce de son petit, Isabelle entendait David qui s’affairait dans la cuisine : assiettes posées sur la table, le son des couverts dans le tiroir, le pop de la bouteille de vin qui se débouche. Elle en oubliait sa journée de travail horrible. Son bébé lui faisait son sourire qui la fait fondre au moment où David entra dans la salle de bain. Il s’approcha d’elle, qui était toujours agenouillée près du bain. Il lui caressait les cheveux puis fini par agripper sa lourde tignasse comme on sert solidement les cheveux d’une fille qui fait une fellation. Les yeux d’Isabelle se fermaient alors que le désir montait en elle et lui chatouillait le bout des seins. Alors que bébé Nathan faisait clapoter l’eau du bain, David s’accroupit près d’Isabelle, lui tirant tendrement les cheveux vers l’arrière puis l’embrassant à pleine bouche. Les deux amoureux se sourirent alors que le sexe de Isabelle se mouillait d’un coup. Elle fit une blague de «je suis toute mouillée» vs «je suis toute mouillée parce que je donne le bain au bébé». Ils rirent, même si ce n’était pas si drôle, épuisés et langoureux. Ce soir-là, il y avait quelque chose dans l’air.

Bébé Nathan dormait déjà alors que Isabelle fit couler le vin dans les deux coupes. David servait sa douce puis les deux mangèrent en se dévorant des yeux. Tout se passait si parfaitement que c’en était presque angoissant. Lorsqu’ils entamèrent le dessert au chocolat, David attrapa une des pattes de la chaise d’Isabelle et l’attira vers elle. Elle aimait ce genre de geste viril qui traduisait un désir envahissant. Ils s’embrassèrent longuement alors que David promenait ses mains sur les jambes d’Isabelle, jusqu’à ce que son doigt se loge dans la maille de son collant. Ils se regardèrent, attendant de voir comment l’autre allait réagir. Comme Isabelle ne dit rien, David tira sur son collant et en élargit doucement le trou. Les yeux d’Isabelle s’illuminaient. À ce moment, elle remarqua le sexe de son copain qui faisait de plus en plus gonfler son pantalon. Croyant peut-être que le simple geste d’avoir volontairement élargi la maille de son collant serait suffisant pour allumer sa douce, il la regarda à nouveau, comme pour lui demander s’il pouvait aller plus loin. Le sourire excité et la lèvre mordue, Isabelle lui donnait le droit. Il continua donc de déchirer le tissu, non sans peine, jusqu’à ce qu’il découvre une bonne partie de sa cuisse qu’il embrassa. À ce moment, Isabelle sentit une vague brûlante et délicieuse lui traverser le corps. Les mains de David montaient, à une vitesse incroyablement lente, jusqu’à ses hanches puis elles empoignèrent le rebord du collant d’Isabelle. David, en fixant sa belle dans les yeux, retira son collant agilement. Avec une vigueur qui réveilla chacun des pores de sa peau. Elle pouvait sentir le désir grandissant de David, à travers ces gestes durs et ça l’excitait profondément. Il se pencha sur elle et, d’une main agile, lui retira son veston. En prenant le temps de lui mordre la lèvre inférieure avec cette force parfaite, qui ne fait pas trop mal, mais qui fait quand même un peu mal. Les deux eurent le réflexe de se lever. Après avoir pratiquement arraché la chemise d’Isabelle, David releva sa jupe et la tourna vers le comptoir. Il fit tomber son string à ses chevilles puis plongea sa tête entre ses fesses. Sa langue sur son cul la fit gémir spontanément. Alors qu’il la léchait sans relâche, il se mit à caresser son sexe mouillé de sa main. Au début, il y alla lentement, mais l’envie qu’il avait de la prendre s’empara de lui et il se mit à la caresser avec plus de vigueur. Isabelle ne demandait pas mieux. Lorsqu’il entrait enfin ses doigts en elle, tout en lui léchant encore le cul, Isabelle ne pensait déjà plus à rien d’autre qu’à son souffle coupé et à la sensation miraculeuse que ce genre de caresses lui procuraient. Elle ne savait plus combien de temps cela faisait que David était disparu sous elle, mais elle n’en pouvait déjà plus. Lorsqu’il sentit que son corps était traversé de petits spasmes, que son sexe se mouillait toujours de plus en plus et qu’elle allait bientôt jouir, David se leva et retira sa jupe qui ballottait encore sur ses hanches. Isabelle était toute nue et lui, tout habillé. D’une main ferme, il la plaqua contre le mur. Ce qui fit gonfler la poitrine d’Isabelle qui le suppliait des yeux d’enfin entrer en elle. Mais, d’une main douce, il entreprit de lui effleurer tout le corps, du bout des doigts tout en lui serrant le bras presque brutalement. Isabelle adorait le mix prodigieux de ces deux énergies contradictoires.  De plus, le mélange de sa nudité totale contre le corps de David, encore complètement habillé réveillait tout ses sens qui ne demandait qu’à être satisfaits. David lui mordit l’oreille, tendrement, puis le creux de cou, férocement. Isabelle ne pouvait plus retenir ses gémissements. David posa son index sur les lèvres ouvertes d’Isabelle. Il ne fallait pas réveiller bébé Nathan. Puis il l’embrassa, encore et encore, en posant à nouveau sa main sur son sexe humide. C’est là qu’il ouvrit sa braguette et laissait sortir seulement sa queue dure et bandée. Toujours la seule nue, Isabelle se laissa glisser contre le mur froid et prit ce sexe tendu dans sa bouche. David lui serra les cheveux solidement et dirigeait la tête de sa belle, sachant exactement où étaient ses limites et prenant bien soin de ne pas les dépasser. Cette complicité sexuelle que le couple avait bâtie depuis tant d’années faisait en sorte que lorsque David prenait le contrôle de la fellation, Isabelle n’était jamais nerveuse que ça aille trop loin, au contraire, elle mouillait d’avantage et se laissait faire sans compromis. David allait et venait dans la bouche d’Isabelle alors qu’elle serrait ses cuisses à lui, au point qu’elle les grafignait presque. Elle aimait que son amoureux prenne le contrôle, qu’il la domine, elle avait davantage l’impression qu’il la désirait et ça l’allumait incroyablement. Elle profitait donc de ce sexe qui entrait et sortait allégrement de sa bouche et aimait sentir la salive qui coulait sur son menton. Elle ouvrait grand la bouche et sortait la langue lorsque David recula sa tête de son bassin et fit glisser doucement, d’un mouvement circulaire, son gland sur le bout de sa langue rosée. Puis, fermement mais gentiment, il lui tira les cheveux vers le haut. C’était le signal pour qu’elle se lève. David la plaqua à nouveau contre le mur puis entra en elle, d’un coup. Un frisson, comme un éclair, la traversa. Pendant un quart de seconde, Isabelle n’était plus consciente de ce qui se passait autour de son corps. Elle ne faisait que profiter de cette sensation extrêmement satisfaisante. Elle revint à elle lorsque David agrippa ses jambes qu’il remonta à la hauteur de ses hanches. Elle ne touchait plus par terre. Les bras fort de David la soutenaient dans les airs, alors qu’il entrait et sortait avec vigueur. Isabelle avait de la difficulté à retenir ses gémissements qui devenaient de plus en plus forts. Mais il ne fallait pas réveiller bébé Nathan. David et elle se regardaient dans les yeux, se concentrant pour ne pas faire trop de bruit. Puis ils s’embrassaient pour s’empêcher de gémir trop fort. David tourna Isabelle à nouveau contre le comptoir puis la pénétra brutalement par-derrière, alors que ses gros seins fermes frottaient contre le marbre froid du comptoir. Elle sentait la boucle de sa ceinture encore fermée et la braguette qui écorchait délicieusement la peau de sa croupe. David cracha dans sa main pour mouiller ses doigts qui caressaient maintenant le cul d’Isabelle. Il pouvait sentir, dans les jambes d’Isabelle qui ne touchaient presque plus le sol, des spasmes incontrôlables. Il aimait sentir son amoureuse sur le bord de l’orgasme, ça lui donnait toujours l’envie d’y aller encore plus fort en lui serrant les hanches violemment. Ce geste acheva Isabelle qui jouissait avec force. Son sexe se contracta sur celui de David qui jouissait aussi, en sentant ses pantalons se mouiller par l’orgasme ruisselant de son amoureuse.

 Alors qu’ils venaient de faire l’amour férocement, David devint soudainement doux et tendre. L’état éreinté habituel post-orgasme de sa douce, mêlé à sa nudité vulnérable soudainement évidente, lui donnaient envie de prendre soin d’elle. Il se pencha sur elle et lui embrassa doucement la nuque et le dos. Elle aurait pu s’endormir comme ça, à demi étendue sur le comptoir. La tension de cette terrible journée au bureau venait de s’évaporer laissant place à une exténuation spectaculaire qui émouvait David. Il la serra dans ses bras puis l’aida à se soulever et l’entraina affectueusement dans leur lit moelleux où elle s’évanouit.

David se déshabilla enfin complètement et vint se lover contre elle qui dormait déjà. Ils étaient bien, amoureux, mais épuisés. Il était 20h15. Demain, ils se feront réveiller à 5h du matin par bébé Nathan. C’était un soir comme ça. Le genre de soir qu’ils n’avaient pas vécu depuis plusieurs mois et qui n’allait probablement pas se reproduire dans un futur très proche. Enfin, jusqu’au prochain soir où il y aura à nouveau ce petit quelque chose dans l’air…

-Gamignonne

GAMIGNONNE

4 Comments

  1. PetiteCoquine211
    May 30, 2014

    Wow!
    C’est une magnifique histoire! Juste assez ressemblante à la vie réelle… Mais juste ce qu’il faut d’irréel aussi…
    Et en plus, c’est tellement bien écrit, c’en est d’autant plus agréable à lire.
    J’espère que tu nous écriras ce genre d’histoire longtemps Gamignonne :).

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  2. gab
    December 11, 2014

    Superbe texte! Belle écriture, je pouvais ressentir le desir et plaisir d’isabelle comme si j’étais elle. Ce feeling pour moi, peut importe le genre de l’oeuvre (érotique ou autre) est une preuve du talent et de la sincérité de l’auteur(e). Bravo et merci pour ce petit moment coquin :-)

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  3. Hugues
    March 20, 2015

    juste merci, c’est superbe :)

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  4. Fred
    August 3, 2015

    Bonjour,

    Je tiens à dire que je suis impressionné….wow!!

    Je suis en train d’essayé d’écrire un roman érotique! J’aimerais echanger avec toi pour des conseils.

    Merci de me répondre :)

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