Illustration de Marie-Anne Dubé

Illustration de Marie-Anne Dubé

          Ce matin-là, j’avais mis mes boules chinoises pour aller au bureau. C’est mon amie Geneviève qui m’avait vanté des prodiges de ces boules. Elle avait accouché le mois dernier et après m’avoir tout raconté en ce qui a trait à l’épreuve de l’accouchement, elle m’avait lancé qu’elle et son chum n’avaient pas fourré depuis son premier mois de grossesse. J’ai rapidement fait le calcul, et j’ai été prise de stupeur. Je l’ai regardé avec mon plus beau sourire d’empathie, mais la commissure de mes lèvres tremblait et trahissait mon malaise. Je n’ai pas d’enfant et à vrai dire, je ne crois pas en vouloir. J’ai un chum, nous avons un chien et c’est très bien.

            La gynécologue super bonne-pas-trop-grano-juste-assez de mon amie Geneviève lui avait suggéré d’utiliser des boules chinoises pour remettre en état les tissus de son vous-savez-quoi. Ayant déjà dépassé la trentaine, j’avais remarqué une sorte de relâchement à ce niveau de mon anatomie. Pas de soucis. Ces jolies petites boules allaient tout arranger en exerçant mes muscles pelviens. J’en suis devenue complètement accroc. Je les insérais en rentrant du bureau, le week-end pendant le ménage de l’appartement et même pour aller au gym. Un vagin sain dans un corps sain, quoi!

            Alors donc, j’étais au bureau (avec mes boules) et je faisais pivoter mon fauteuil de gauche à droite pour faire doucement bouger les billes à l’intérieur de moi. Mes collègues allaient et venaient dans le corridor. Ce qui devait arriver arriva. Je me penchais pour récupérer mon lipstick dans mon sac à main. Mon clitoris frotta légèrement sur le rebord de mon fauteuil, c’est là que je sentis toute l’excitation monter en moi. Je me redressais en même temps que la chaleur montait à mes joues. C’était trop bon et trop fort pour laisser passer cette occasion. Je fis basculer mon bassin de sort que mon clitoris s’appuie sur ma chaise et je repris le mouvement de rotation. Je me contractais et la vibration des billes se faisant encore plus sentir. Je tendais l’oreille en me cachant derrière l’écran de mon ordinateur que je trouvais soudainement très petit. Les mouvements de rotation ne me satisfaisant plus. Je commençais à faire des va-et-vient de l’avant vers l’arrière ce qui amena d’autres sensations. J’essayais de rester alerte, mais mon imagination m’emmenait son lot d’images qui envahissaient ma tête. Un collègue apparu à ma porte pour me proposer de me joindre aux autres pour un café. Je me ruais sur mon clavier pour faire mine d’être débordée, mais je savais que le stratège était grotesque. Je lui demandais tout de même de fermer la porte pour ne plus être dérangé et je repris mon activité de plus belle. J’avais franchi un stade d’excitation supérieur. Mes joues étaient rouges et je sentais mes seins durs qui voulaient bien plus que le léger frottement de mon soutien-gorge. Mon sexe aussi en voulait davantage. Il voulait être pénétré pour vrai par quelque chose de bien plus gros. Je me mis à rebondir sur mon fauteuil pour faire remonter les boules en moi. À chaque bond, je ressentais un léger va-et-vient. La jouissance n’était pas loin. Mon corps entier se contracta pour accueillir un violent orgasme.

            Je me laissais tomber dans mon fauteuil et reprenais mon souffle. En entrant dans la cafétéria, je me dirigeai vers la machine à café. J’étais tellement détendue que je ne remarquai pas les regards intrigués de mes collègues. Je me retournais vers eux, un sourire niais à la bouche et leur demandais comment à avançait le dossier chaud de l’heure.

-Douce Poitras

Douce Poitras

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