12_ChassezLeNaturel_David Arcouette

Illustration de David Arcouette

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Ils se sentaient observés. Ils ne pouvaient se douter qu’on puisse prendre plaisir à les voir, mais il était si aveuglé par l’excitation, les odeurs âcres du sexe de sa compagne qu’il oublia tout et la chevaucha. Son vît tournait autour du sexe tant convoité, il se posait sur sa fleur gonflée, s’envolait à nouveau comme une petite abeille qui butine. Elle avançait pour qu’il ne puisse la transpercer; elle aimait le voir languir, elle aimait qu’on ne la gagne pas si facilement. Lui, il continuait son manège sans relâche. Sa culotte marron, son dos luisant le rendaient fou. Il la prit par les épaules et lui enfonça son membre au plus profond d’elle. Surprise, elle poussa un cri. Il resta immobile un moment : la chaleur et la moiteur du sexe lui plaisaient. Il sentait son cœur battre dans son gland. Il tourna la tête et il n’avait plus aucun doute : On les observait. Mais il n’en avait que faire; tout ce qui lui importait, c’était de décharger dans le con bouillant de sa compagne.

Ce qu’il fit en ne disant mot.

Il se retira et partit dans le champ adjacent.

L’homme à la tenue soignée ajusta son monocle, s’essuya le front avec son mouchoir et reprit ses esprits. Il se retourna ensuite vers le jockey et lui dit : « Merci mon brave, ce sont de très jolies bêtes, pas si éloignés de nous au final… N’est-ce pas ? Je me sens privilégié d’avoir pu voir cette séance… En vous remerciant. »

Sur ce, il sortit de sa poche une liasse de billets et la tendit au jockey qui la fourgua derechef dans sa poche. Il partit.

-Blide Vernàkën

Blide Vernàkën

 

 

1 Comment

  1. Mike
    January 2, 2017

    Excellent texte, presque malaisant de le trouver si excitant. “Pas si éloignés de nous” ça résume bien

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