Illustration de Marianne Dubé

Illustration de Marianne Dubé

Le jour où j’ai d’abord baisé avec Repentigny pis les Balkans de Laval, on était assis dans le pick-up de mon peintre en bâtiment, au coin de ma rue, on revenait d’un de ses chantiers. Il travaille la plupart du temps seul dans des apparts délabrés qu’il retape et moi je le visite parfois dans ces logements vides. Mon « québ », avec même des chemises à carreaux ou plutôt carottées, toujours sales. Il ne le sait toujours pas comment il me faisait bander avec ses habits crasseux celui-là. J’imaginais ses bras secs et découpés, ainsi que le galbe de l’emboitement osseux de son bassin dessous… On était donc là dans sa caisse alors qu’il me déposait chez moi et on avait de la poussière blanche sur les vêtements parce qu’on s’était indolemment frotté aux murs qu’il avait fraîchement plâtrés. On les avait quand même un peu sablés avec nos culs et nos hanches. On avait jamais enlevé nos fringues parce qu’il fallait y aller qu’il répétait, le souffle court.  Assis dans la voiture, on s’empêchait même de se frôler pour ne  pas étirer son retard. Il fallait toujours qu’il aille à Repentigny. Si on s’était touché, on aurait été foutu. Du coup, c’était tendu. Comme un goût âcre d’inachevé.

Il devait s’en aller certes mais il voulait me baiser aussi. On le savait, lui et moi que quand nos corps s’approchent, il y a un truc rauque et épidermique qui se passe. Un truc qui se répand comme les ronds concentriques qui se forme autour d’un caillou que tu jettes dans l’eau;  ces ondes qui s’étalent, les poils qui se redressent sur la peau au moindre effleurement, et la respiration qui s’enfonce.

À l’évidence on a avait pas eu ce qu’on voulait. Moi, je n’en pouvais plus mais je faisais semblant d’être détachée, comme je le fais souvent. Y’avait les ronds autour des cailloux jetés dans l’eau, entre mes jambes, dans mon thorax et dans ma gorge. Lui et moi quand on se voyait, on avait rarement le temps de s’aliter, on ne s’y rendait presque jamais. On se retrouvait à l’horizontal quasiment partout où on allait.  Je me souviens de la fois ou on avait forniqué sur une place publique,  immédiatement après il avait décidé de me donner plus souvent rancard dans des lieux  dits « NBP » (No baise possible). Ça m’avait fait sourire, je comprenais mal de vouloir lutter contre cette délectable appétence et surtout je pensais que ça faisait juste éloigner plus encore, le lit de nos ébats.

Ça chlinguait l’incitation à flancher tout ça, il m’énervait de vouloir filer. Ce désir-là, il était trop bon et précieux, j’aurais eu honte de le gâcher. L’odeur farineuse et salée de sa peau par-dessus celle du plâtre me revenait. J’avais du mal à garder mon air désintéressé et il l’a senti ce petit con parce qu’il a attrapé subitement, mes cheveux en arrière de ma tête très fermement, il les tenait serré sans se rapprocher, le bras tendu. Moi, je fondais mais je ne me rapprochais pas non plus. On résistait euphémiquement en glissant nos mains dans le pantalon enfin déboutonné de l’autre et surtout on était dans un char en plein jour sur Bellechasse. On s’évertuait à rester discret et à faire vite à la fois. Il était pressé. Quand des piétons passaient vis-à-vis du pick-up, on faisait semblant de s’arrêter. Ca attisait l’envie de l’autre, mais c’était salement énervant.  Sans rien dire, il a démarré l’auto brusquement, son pantalon resté ouvert, au milieu une trique immuable, pour s’enfoncer dans ma ruelle. Il arrêté sèchement le véhicule en arrière de chez moi, la nuit allait tomber et là on s’est jeté sur le corps de l’autre comme s’il y’avait personne dedans. J’en avais le souffle syncopé et parallèle au sien. J’ai défait sa ceinture d’une main avec une habileté désarmante, j’aime toujours le moment où on détache la ceinture des garçons, ils sont fébriles et beaux. Et il l’était. Alors qu’il me fouillait l’entrecuisse avec précipitation, je saisis sa bite sur laquelle je glissais mes lèvres jusqu’où je pu me rendre, le volant bloquait ma tête. Cet obstacle semblait le rendre fou. Lorsque par une contorsion inconsciente je pus m’approcher mieux et pus le sucer plus profond, il gémit presque douloureusement de soulagement. Sa main restée dans ma culotte me taquinait soudainement au parfait endroit. Je lui aurais serré la nuque si j’avais pu. Mon cell vibrait. La nuque des garçons m’aguiche toujours.  Et son autre main de libre glissait sous mon t-shirt, me malaxait pas tendrement et ça me plaisait follement.

Je recevais des textos en rafale, c’était sûrement mon voluptueux type des Balkans avec qui j’avais rendez-vous.  Enfin il n’avait pas vraiment confirmé alors je n’y comptais plus. Finalement lui il y comptait ou il annulait, ou il était en retard. Je ne savais pas. Je me demandais. Il devait passer me prendre à la maison, s’il trouvait une auto et moi j’étais occupée là. Était-il déjà là ? Les cercles à la surface de l’eau étaient là eux. Le corps de mon peintre était contracté de cette tension avec laquelle nous avions jouée toute l’après-midi comme un poison délicieux. Mon peintre me prévenait toujours quand il allait jouir, il avait pris cette habitude. C’était toujours comme ça, il disait  « je vais venir ».  Je le soupçonnais cette fois de vouloir me passer le message que là ça allait être la fin et vite. Souvent il se retenait, pour que nos sauteries durent plus longtemps. Il y arrivait bien, il m’impressionnait de s’empêcher de foutre à ce point-là. Du coup, on avait des saillies exceptionnelles, on jouissait le plus souvent possible ensemble. Il m’attendait. Ça décuplait l’intensité pour sûr. Cette fois, il ne s’était pas retenu mais comme à son habitude il m’avait prévenue. J’avais retiré ma bouche à tant parce que mon téléphone sonnait encore et je me disais cette fois que mon européen de l’est m’attendait peut être dans un autre char mais de l’autre côté de la rue. Et que moi je ne voudrais pas baiser un gars qu’aurait sur lui un peu de l’épiderme ou des traces d’une autre sur la verge. Fait que j’ai fait attention à ça.

Alors que le corps de mon québécois s’était alangui d’un coup, sa tête retombait vers l’arrière les yeux encore clos et la respiration haletante décroissante, je pensais à mon gars de l’est.  Alors j’ai balancé à mon peintre ironiquement, « t’es sûrement pressé, je te laisse filer cette fois » et j’ai claqué la portière. Je marchais presqu’en courant, il a klaxonné et son bras dépassait, au bout de son doigt pendait ma brassière, j’ai couru dans l’autre sens, saisi mon sous-vêtement, croisé son regard qui m’a donnée envie de recommencer, on s’est frenché passionnément, un peu comme des ados. Mon téléphone dans ma poche arrière a vibré de nouveau. J’ai sursauté, comme si le gars de l’est avait été là debout derrière moi et avait assisté à la scène. Je me demandais si ce flagrant délit l’aurait attisé ou révulsé.

Avec cette question, je suis rentrée par la porte arrière de chez moi, traversé l’appartement en courant, vérifié en diagonale mes 12 textos qui viraient en sexto. Les parcourir tous d’une seule traite et de voir avec morcellement subits, les projets lubriques que me réservait mon jeune slave, a fait monter l’envie de le rejoindre d’une traite aussi. Par la fenêtre du salon, j’apercevais mon bosniaque assis dans une auto rouge stationnée là en bas de chez moi. Pendant que je faisais des faveurs de dessous de ceinture côté ruelle à un gars de Repentigny, celui de Laval m’attendait pour d’autres propositions libidineuses, côté rue.  Ces temps-ci, je faisais dans le banlieusard et ça n’était pas pour me déplaire pas. Fallait bien l’avouer.

J’ai changé de fringues, lavé mes dents en deux-deux, attrapé une pomme pour me couper la faim et dévalé l’escalier pour cogner à la fenêtre de l’auto rouge, la pomme encore entre les dents. Là, le jeune bosniaque m’a offert le sourire le plus ravageur qu’on m’ait jamais donnée. Je me suis sentie encore plus affamé de son corps que je l’avais été une heure avant avec l’autre. J’ai senti mon sang circuler dans mon corps, une pulsation cruellement vivace.

Cela faisait plusieurs fois que je revoyais mon bosniaque Lavallois et c’était fichtrement exotique. Son nom aux consonances slaves, sa peau dorée, et lisse, ses bras trop beaux et trop chauds, son air déterminé sous ses sourcils définis, ses yeux profonds de ceux qui en ont déjà vu et qui font semblant de ne jamais s’en faire.

Je ne l’embrassais pas. Je n’embrasse jamais les garçons que j’apprécie quand je les revois même mes amoureux. Je fus plusieurs fois accusée de froideur et de désintérêt par quelques- uns de mes amants. Il n’en est foutrement rien. Peu importe.

Ma nuit en dehors l’île avec lui s’annonçait halitueuse. Lui qui avait refusé maintes fois de me dévoiler son âge, certainement par jeu et parce qu’il savait bien que si je l’avais su, j’aurais décliné sa sensuelle proposition avant même que j’y songe. Ce garçon m’avait stupéfaite, par le culot qu’il déployait pour que je le regarde enfin pour qu’on le regarde, et ça avait fini par m’impressionner, voire me séduire. Je posais alors mon regard sur celui que je n’aurais jamais contemplé et découvrais un être émouvant et pénétrant qui broyait mes préjugés avec fronde et candeur. Comment pouvait-on être aussi insolent et bien élevé à la fois. J’avais embarqué avec exultation dans la bagnole rouge.  Devancer de s’enrouler à quelqu’un avec qui tu as déjà baisé et que c’était ça, dès la première nuit est affriolant. Et de bon augure. Les baises subséquentes sont chaque fois davantage réussies alors tu veux absolument recommencer. Il faut. Et l’avant baise est elle aussi chaque fois plus grisante… Tout ça participe à la réussite du  coït  lui-même. Et j’étais stupéfaite de voir que ce jeune garçon probablement dans la vingtaine le comprenait mieux que ceux de mon âge. Il savait mettre la table et n’oubliais aucunement de me souhaiter un bon appétit. Et j’avais faim.

Je pensais à tout ça dans le char, on roulait, je ne savais pas trop ou on allait.  Il faisait nuit, j’adore faire de la voiture. Il conduisait bien. Il m’avait invité chez lui cette fois, j’avais dit oui sans réfléchir. Ce mec m’empêchait de réfléchir. L’insouciance qu’il provoquait en moi, me déstabilisait mais m’électrisait. Il habitait pourtant encore chez ses parents avec ses frères et sœurs et moi j’avais accepté son invitation. Je n’allais quand même pas me pointer dans la maison de cette famille d’immigrés qui avait fui la guerre dans l’urgence, leur serrer la main comme si de rien n’était en déclarant votre fils me baise trop bien et monter le plus vite possible à l’étage pour s’exécuter dans une chambre d’adolescent avec peut être des posters, des fringues sales partout et même des bols de céréales secs à moitié vides. Pendant que je me laissais aller à mes délires incongrus, mon trop brun amant garait la voiture. On débarquait, il m’a plaquée contre l’auto s’est approché pour m’embrasser, m’a fixée quelque secondes, ne m’a pas embrassée, il a ri, a pris ma main abruptement et serré mon poignet en disant « viens-t’en, Francuska».

On est rentré par la fenêtre d’un appart, une vilaine garçonnière, mais capiteuse, sûrement l’appart d’un pote à lui. Ce soir-là, ce n’était pas son char, pas son appart et ça n’allait pas être son lit. Quelqu’un allait peut être rentrer, nous surprendre mais je ne demandais pas, je m’en moquais, il me rend oublieuse ce type-là.

« J’t’ai acheté ton vin blanc, il est dans le frigo si t’en veux sers nous en deux » qu’il a dit de sa voix posément grave, une fois dans l’appartement.

Alors quand sa main a plongé dans mes cuisses et que son souffle s’est accéléré dans mon cou j’ai fondu. J’avais fondu deux fois cette journée-là. Il m’a retournée pour m’assoir sur la console à coté du lit.  En me repoussant avec son bassin pour s’intercaler entre mes jambes,  le verre de vin vide que j’avais posé là a alors volé en éclat dans un grand bruit qui nous a sorti de notre sensuelle ivresse. Il m’a jetée sur le lit en m’ordonnant de ne pas bouger car il ne voulait pas que je me coupe. Je me tenais agenouillé torse nu et immobile, j’avais froid d’un coup. Je le regardais dans la contre lumière du couloir, balayer les morceaux de verre, frissonnante. Le filet de lumière le découpait. J’avais envie de lui. Il me regardait aussi pendant qu’il balayait, il m’a demandé de retirer mes bras que je tenais croisés à cause du courant d’air qui me donnait la chair de poule. Il disait que je ne devais pas cacher mes seins, qu’il voulait les voir, qui les trouvait très beaux. Et que ça, ça se montrait. J’ai donc décroisé mes bras. Il continuait de balayer tout en me fixant sous le bruit des éclats de verre, il disait que ces seins-là étaient parfaitement ronds et crissement sexy, il a dit.  Il déclamait tout ça pendant que je l’écoutais comme s’il ne parlait pas de moi. Alors j’ai jeté un œil à mes nichons et curieusement, ils m’ont fait envie, je les trouvé ravissants.

Quand il eut fini, il se rapprocha et posa sa main tiède sur mon torse refroidi,  puis ses lèvres qui par la salive me brulaient presque.  Il m’attrapa doucement et me replaça sur la console avec la même fougue, on riait et on se désirait. Sentir le désir de l’autre nous ravissait et à l’évidence l’augmentait, un cercle vertueux et/ou vicieux. Un truc étrange nous émouvait chez l’un et chez l’autre. Mon trop brun me baisait avec un fin mélange de tendre violence. Nos corps s’emboitaient dans une fluidité simple et charnelle. C’était bien plus important que notre différence d’âge. J’y avais un peu plus pensé que lui je suppose. Il me tirait les cheveux, et touchait ma chair un peu comme si c’était la dernière fois. Moi j’avais le goût de lui donner mon corps pour qu’il en fasse ce qu’il veut. Et ça, ça ne m’était pas arrivée auparavant. Son corps grand et lourd, trop lourd au-dessus de moi me bloquait et ça ne m’étouffait même pas. Ensemble on était capable de baiser âprement et délicatement tout ça avec une putain de véhémence. Ça me sidérait. La sueur coulait en arrière de sa tête et sa nuque où je logeais ma main dans ses boucles. Il y avait des nœuds, je lui tirais les cheveux et ça l’excitait, Il me tenait la gorge en la serrant plus à chaque secousse…  Avec la lumière de la rue, je voyais les gouttelettes de sueur sur nos corps, c’était très beau, on était toujours trempés quand on baisait.

Quand j’ai réussi à m’extirper de l’emprise de son corps sur moi, pour inverser nos positions et que je l’ai chevauché, il me pinçait fort les hanches pour mieux contrôler les mouvements de plus en plus secs de va et vient de mon bassin pendant la pénétration.  Puis nos corps humides et défaits se délectaient pour respirer tranquillement à un rythme plus supportable et jaser. On se racontait, à mon grand étonnement  je lui disais beaucoup de choses.  Avec sa verve et son accent un peu québécois, il m’expliquait plus simplement que quiconque les conflits d’Europe de l’est et les différentes Yougoslavie, j’avais cette fois tout compris. Il parlait de son pays perdu, moi ça me parlait. Il avait proposé une douche que j’ai refusée.  J’aime sentir un peu la peau de l’autre sur la mienne. Il a répondu que vu de même on ne se laverait pas et on a recommencé à baiser. Il y avait une escalade dans nos baises, la première ouvrait le bal, c’est pour ça qu’on ne s’en lassait pas malgré la fatigue, et sûrement que son jeune âge lui permettait de fournir.

Un peu plus tard dans la nuit, Je dormais. Puis dormais à moitié, il en avait décidé autrement, je ne savais pas refuser ses avances. Lascive, je me laissais emporter de nouveau. Et sortait de ma somnolence ravivée. Je lui ai demandé avec dérision s’il m’avait baisée pendant que je dormais, il s’est esclaffé et a rajouté qu’il ne ferait jamais ça car il aimait bien trop quand j’étais réveillé.  M’achetait-il avec sa flatterie ? Je lui ai dit que je l’autorisais car il allait peut être m’épuiser mais en le disant je me suis rendue compte que c’était clairement mensonger. C’était le contraire, nos étreintes me rallumaient.

Cette fois c’est lui qui s’endormait, en se retournant,  il avait étiré mon bras pour placer ma mains entre son torse et la sienne. Par un concours de circonstances peut être quétaine, ma main s’est retrouvée vis-à-vis de son cœur. Il battait vachement fort. Il rebondissait dans ma main,  pulsait solidement et raisonnait dans ma paume. Ça m’émouvait durement. Il dormait, pas moi. Quand les autres dorment, ça m’angoisse, je me demande où ils vont. On s’est endormis enchevêtrés.

Le lendemain dans la voiture sur le chemin de retour de la banlieue,

 en amputant mon émotion de son sentimentalisme, je lui racontais comment son cœur avait battu intensément dans ma main, Il a répondu d’aplomb que c’était peut être la première fois que je baissais avec quelqu’un de vivant. Je l’ai traité de p’tit criss, ça nous a fait marrer, il a passé sa main dans ma face, tout en conduisant.

Je rentrais chez moi cette fois par la porte d’en avant, je m’aperçue dans le miroir de l’entrée, j’avais des suçons dans le cou et d’autres marques sur mon buste se révélaient à mesure que je soulevais mon chandail. Je me suis surprise à sourire dans le reflet de la glace.

Je lui textais une photo des délicieux dommages. Il semblait surpris autant que moi des traces qu’il avait laissées. Visiblement ça lui plaisait lui aussi.

Ces petit bleus et autres traces de ses lèvres sur ma peau comme des stigmates m’accompagnaient quelques jours, me rappelaient et me prouvaient que ces nuits avaient bien eu lieu. Je ne détestais pas être marquée de ces parties de sexes enlevées. J’avais presque eu un petit pincement quand elles s’étaient effacées.

Plusieurs jours après, je recevais un message texte : T’es « guérie » de tes « blessures » on peut recommencer ?

-Sherifa Tarasse

Sheriffa Tarasse

2 Comments

  1. Léa
    November 22, 2014

    Sublime.
    Tout simplement.

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  2. Sofia
    March 17, 2015

    J’adore cette histoire. Surtout la partie avec le beau slave et sa putain de véhémence… Le mélange de la dureté et de la tendresse.. You get me each time.

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