Illustration de Blanche Louis-Michaud

Illustration de Blanche Louis-Michaud

 

Fin août 2010; une canicule de fou pendant quelques jours. Plutôt dur de dormir sans climatiseur, ce que mon 4 et demi de l’époque n’avait pas.

Ça a commencé comme rien. Une bière ‘casual’ avec une ex-fréquentation. Un bel Italien de la Rive-Nord, échoué sur la grande île à 20 ans à peine. Nos caractères s’étaient révélés incompatibles; j’en demandais plus émotionnellement que ce que lui était prêt à donner.

Sauf sur l’oreiller. Là, les rôles étaient inversés. Il en donnait beaucoup plus que ce que j’étais prêt à recevoir; non pas que je m’en plaignais.

Ce soir-là, on était allés boire une bière sur une terrasse dans son quartier. Ça faisait près d’un an qu’on ne s’était pas vus. On avait recommencé à se parler graduellement, mais c’était la première fois qu’on se revoyait.

La conversation coulait bien; il travaillait, aimait sa job. Je venais de commencer ma 2e année d’université, sortait d’un été très occupé. On savait tous les deux qu’on serait jamais en couple ensemble; reste que j’étais toujours très attiré par lui, et lui aussi. Ça peut être fort comme sentiment, mais pas suffisant.

Vers minuit, avant que les métros ne ferment, il me lance, nonchalamment; ‘Wanna crash at my place?’

‘Sure.’

20 minutes plus tard, je me retrouve dans la petite chambre du 5 et demi qu’il partage avec sa cousine et son meilleur ami. Pas de clim là non plus.

On se retrouve rapidement tous les deux en sous-vêtements, déjà recouverts d’une fine pellicule de sueur. Il met son album préféré; Kid A, de Radiohead. On s’étend sur son lit, en silence.

J’ai tellement chaud. Je pense pas pouvoir dormir.

Je glisse ma main le long de sa cuisse, d’abord doucement, remontant jusqu’à l’intérieur de sa jambe. J’ai un bref frisson dans le bas du dos alors que mon érection rivalise avec la sienne. Son cou est déjà humide quand je l’attire vers moi pour l’embrasser.

Nos lèvres se goûtent pendant qu’il enlève mon boxer. Une fois le sien entre ses chevilles, je vais placer ma tête juste à côté, soulevant son beau membre pour goûter le dessous de sa belle verge déjà humide. Ma bouche glisse de haut en bas, la facilité avec laquelle son membre glisse m’aide à trouver mon rythme.

Mon regard planté dans le sien, je place mes mains dans le bas de son dos, cherchant au creux de ses reins une simple zone sèche, pour m’agripper. Trouver une aiguille dans une botte de foin serait plus facile. Je remonte tranquillement pour recommencer à l’embrasser.

Il fait tellement chaud. Tellement chaud que j’oublie que je suis dans un lit, et pas dans une douche. ‘Idiotheque’ joue pendant que nos deux corps glissent l’un sur l’autre, font que le rythme de nos ébats est rapide, frénétique.

La franche claque que je donne sur les miches de mon bel Italien sonne deux fois plus forte; je vois des gouttelettes de sueur voler dans les airs alors que j’y vais d’une deuxième baffe sur sa fesse trempée. Il en redemande, comme d’habitude. Il attrape un coin du lit, tire sur le drap contour et le jette par terre, avec le reste des couvertures et des oreillers.

Nous sommes maintenant comme deux primates, nus, suintant au milieu du désert qu’est son matelas queen. Ce n’est plus une baise, mais un combat. Qui va être sur le dessus, qui va chevaucher qui, qui va franchir la ligne d’arrivée du marathon de chair et de sueur sur lequel il semble y avoir encore des dizaines de kilomètres à parcourir.

Quand il se met à quatre pattes et se cambre pour m’accueillir, je ne peux m’empêcher de passer un moment à lécher son bel orifice, remontant ensuite le creux de ses fesses pour remonter le dos jusqu’à son cou. Je place mon membre en érection fermement entre ses fesses, alors qu’il fouille dans la commode pour les outils nécessaires.

Une fois en lui, j’agrippe ses épais cheveux de jais, seule prise qui me permet de ne pas glisser comme si je faisais l’amour sur une patinoire. Il gémit, halète, sue et me supplie de ne pas arrêter. Pas besoin de supplier; l’arrêt n’est pas dans mes plans.

Je lâche ses cheveux pour placer mes mains sous ses bras et le faire se lever sur ses genoux. Ma tête est derrière la sienne, j’embrasse son cou, ses oreilles et me love dans ses épaules alors que mon rythme ralentit un peu. Je sors de lui doucement alors qu’il me fait face et qu’on recommence à s’embrasser. Sa main trouve le creux de mes reins, puis mon anus qui lui aussi va y goûter, à en voir son envie à lui qui ne ralentit pas.

Je me couche sur le dos, alors qu’il se prépare à entrer en moi. Il soulève l’une de mes jambes, à laquelle il s’accroche. J’aime cette position, ça me permet de voir sa gueule, son long nez fin, ses yeux noirs en amande qui semblent toujours un peu tristes, sa barbe toujours parfaitement taillée et ses cheveux noirs comme la nuit dans lesquels j’ai envie de me perdre. Sa belle gueule à qui j’aurais tout donné, si elle était sur un esprit, un cœur différent.

Mais ça ne traverse pas mes pensées alors que son va-et-vient me fait vibrer de l’intérieur, mordre de la lèvre, déchiré entre la douleur et le plaisir; tiraillé entre la chaleur extrême de la chambre et celle qui m’emplit l’intérieur.

Je me sens sur le point de finir, et lui aussi. Je jouis en grognant, comme le primate qui se réjouit de sa victoire. Lui aussi vient dans un rugissement, comme un animal qui a finalement eu sa proie. Trempés, moi recouvert de lui et lui recouvert de moi, on se donne un 5 secondes sur le dos, les yeux fermés. Puis, le bel homme de la maison se lève, me demande de l’aider à retourner le matelas de bord et me tend une serviette.

Deux douches froides plus tard, on arrive finalement à s’endormir, sans couvertures, draps ou oreillers. Comme deux naufragés sur une île déserte, forcés de se reproduire (sans résultat, évidemment, dans notre cas), on s’endort, se disant que, finalement, on n’est pas si mal sur notre île.

 

-Handsome Stranger

 

 

Handsome Stranger

 

 

 

 

 

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